Si les représentants des ayants droits militent à l’heure actuelle pour que les Fournisseurs d’Accès Internet (FAI) soient contraint de filtrer les contenus musicaux en P2P (Peer to Peer), voilà belle lurette que les entreprises ont mis en place des systèmes de filtrage sur les réseaux de leur entreprise.
Une étude rendue publique par McAfee évalue et quantifie les différents filtrages. Il en ressort que 36% des employeurs européens ont mis en place des système de filtrage avec comme cible première les téléchargements musicaux, et les sites de vidéo en ligne (comme YouTube ou DailyMotion).
Bien que les sites socio-communautaires comme MySpace ou Facebook aient le vent en poupe et tendent à distraire les salariés de leur mission, ils ne sont à ce jour bridés que par 21% des entreprises. Voilà qui pourrait ne pas durer !
Il y a toujours une certaine inertie (voir une inertie certaine) entre l’évolution des technologies et celles des textes de loi. Le législateur tarde souvent à s’intéresser aux nouveautés techniques, peine fréquemment à comprendre leur mode de fonctionnement, et quand c’est chose faite se voit imposer un cycle très long qui voit cheminer un nouveau texte du statut de Projet de Loi à celui de texte applicable après décret d’application.
Il n’en a pas été différemment pour le texte visant à clarifier la pratique du droit de réponse sur Internet. Ce texte qui était intégré dans le paquet fourre-tout LCEN (Loi de Confiance en l’Economie Numérique) du 21 juin 2004 a été promulgué via décret d’application ce 24 octobre 2007.
Les magistrats n’était pour autant que rarement pris au dépourvu, puisque c’était jusqu’alors les antiques droits de la Presse Ecrite qui s’appliquaient (datant de 1881 !), et le droit de réponse s’exerçait malgré tout dans de bonnes conditions et pouvait finalement s’appuyer sur les uses et coutumes (et les jurisprudences) en la matière.
Ce nouveau texte, s’il est un peu plus précis car tenant compte de quelques spécificités du support Internet aura le défaut à ce stade d’être « tout neuf « . On peut considérer qu’il sera « mature » quand le système judiciaire aura rendu ses premières décisions à l’appui du nouveau cadre légal en la matière (décisions, pouvant faire jurisprudence).
Les particularités du Droit de Réponse Internet Version 2007 :
- Personnes morales (individus) ou personnes physiques (société, association, institution) peuvent demander exercer un droit de réponse gratuitement (encore heureux !) dans un délai de 3 mois suivant la parution de l’écrit auquel vous voulez répondre,
- Il suffit d’être cité pour pouvoir exercer son droit de réponse. Peu importe que l’article qui vous cite soit élogieux ou non, discutable ou non. On vous cite, vous avez de fait droit à la parole, sans pour autant que cela vous oblige à renoncer à des poursuites ultérieurement si vous vous considérez diffamé par exemple,
- A l’instar de ce qui se faisait dans la presse écrite, l’espace de publication du droit de réponse doit être rédigé dans des conditions techniques similaires (même espace disponible pour votre droit de réponse que d’espace exploité pour la partie où l’on vous cite dans l’article initial, même taille de polices de caractères …)
- La durée de mise à disposition du droit de réponse devra être similaire à celui de l’article qui l’a motivé
Il est à noter que le droit de réponse sur internet ne peut être réclamé s’il est possible de répondre « soi-même » comme c’est le cas dans les forums de discussions.
Reste à attendre les premières décisions de justice pour voir quel usage sera fait de ce texte par les magistrats.
Depuis des années, quand nous sommes exposés à une problématique de référencement et que nous « plantons le décor », l’une des premières interrogations qu’il en résulte de la part du donneur d’ordre est souvent du type « Ne peut-on pas être mieux positionné dans Google dans les réponses si on devient un bon client de ses espaces publicitaires Adwords ? ».
Voilà des années, aussi, donc que nous répétons que Google s’est toujours fait fort de cloisonner complètement la considération que porte « Google Moteur » à un site et des recettes publicitaires « Google régie » générées par celui ci : non on ne peut acheter sa position dans Google contre un budget pub.
C’est un véritable tremblement de terre qui s’est produit le 30 octobre. Tremblement de terre dont l’épicentre était le Blog Zorgloob
Ce blog qui a fait de Google son sujet principal, livrait en effet un article illustré d’une capture d’écran éloquente, que nous reprenons ici pour illustrer notre billet.
La capture d’écran était prétendument (nous n’avons pu nous empêcher d’en douter lors de la publication, pardon Zorgloob) issue de la version « interne » de Google, utilisée par les collaborateurs du moteur de recherche.
Cette fuite en forme de copie d’écran laisse apparaitre que le personnel de Google peut voir d’un coup d’oeil dans chacun des réponses à une requête une sorte d’indice de valorisation (scoring) en dollars et un indicateur informant si le site concerné est annonceur de la régie publicitaire Google ou pas.
Nous étions donc dubitatifs avec cette copie d’écran car elle allait à l’encontre du discours martelé depuis des années par Google, alors que le moteur de recherche a fait de l’éthique dans les résultats fournis la pierre angulaire de sa stratégie d’entreprise.
Si nous reprenons finalement ce véritable scoop de Zorgloob, c’est que l’information a été confirmée par Matt Cutts, le plus médiatisé des ingénieurs de Google (élevé au rang de Porte Parole technique, dans les faits) qui a reconnu quelques jours plus tard l’authenticité du document, comme l’évoquait aussitôt le Monde Informatique .
Confirmation de la véracité du document, mais démenti, donc, que Google pourrait « considérer » le chiffre d’affaires généré par tel ou tel au moment de déterminer son positionnement dans les réponses « naturelles » (par opposition aux liens sponsorisés achetés auprès de la régie Google Adwords).
Les données indiquées par Google dans sa version interne ne servirait donc qu’aux commerciaux de la régie, et à personne d’autres. Il faudra donc prendre acte de cette réponse, acquiescer … ou pas.
Bravo Zorgloob (et honte à nous d’avoir douté
) !